Le Myrte

Ô Divine, salut ! Viens à nous qui t'aimons !
Descends d'un pied léger, par la pente des monts,
Au fond des bois touffus pleins de soupirs magiques ;
Sur la source qui dort penche ton front charmant
Et baigne son cristal du doux rayonnement
De tes beaux yeux mélancoliques.

Toi qui, silencieuse et voilée à demi,
Surpris Endymion sur la mousse endormi
Et d'un baiser céleste effleuras ses paupières,
Ô blanche Sélènè, Reine des belles nuits,
L'essaim des songes d'or qui bercent nos ennuis
S'éveille à tes molles lumières.

Égaré dans l'espace orageux, le marin,
Accoudé sur le bord des nefs au bec d'airain,
Entend rugir les flots et gronder les nuées ;
Mais il se rit du vent et de l'abîme amer,
Quand tu laisses errer sur l'écumeuse mer
Tes blondes tresses dénouées.

Immortelle, entends-nous ! Sur ce monde agité
Épanche doucement ta tranquille clarté !
Ô Perle de l'azur, inclinée à leur faîte,
De tes voiles d'argent enveloppe les cieux,
Et guéris-nous, pour un instant délicieux,
Des maux dont notre vie est faite.

Charles Marie Rene Leconte De Lisle The copyright of the poems published here are belong to their poets. Internetpoem.com is a non-profit poetry portal. All information in here has been published only for educational and informational purposes.